Le courage de partir

Nous nous glissons dans le port, il fait nuit, mes deux enfants me suivent avec leurs sacs à dos. Je trouve rapidement notre voilier, nous devons partir au plus vite. Je monte la voile et nous sortons lentement du port.

Une voiture arrive en trombe défonçant le grillage du port.
« Je ne te laisserais pas amener mes enfants, jamais ! » crie mon ex-mari depuis la jetée.
Mais la mer est devant nous maintenant nous quittons cette vie, les clients stupides du restaurant, la délinquance, c’est un nouveau départ.

Les vagues sont énormes, nous devons nous éloigner des côtes au plus vite. Ce n’était pas le bon jour pour partir, mais nous n’avions plus le choix. La mer est déchainée, j’envoie les enfants se mettre à l’abri et me prépare à affronter la tempête. Les vagues sont effrayantes, le bateau est difficile à manœuvrer, mais je dois garder un maximum de voiles pour m’éloigner du port.

Au large, la houle nous ballotte dans tous les sens, le vent est trop fort… La voile se déchire et le rêve avec, nous n’irons plus très loin comme ça, avec une voile déchirée. La traversée et notre nouvelle vie sur le bateau est compromise, il nous faut réparer d’abord et retarder notre départ.

Le matin, la tempête est calmée, nous rejoignons tant bien que mal un petit port, nous ne sommes pas loin de notre point de départ, mais il faut recoudre la voile. Je trouve heureusement un navigateur amateur sur le port qui accepte gentiment de m’aider et en quelques heures la voile est réparée. J’ai le cœur léger en rentrant au bateau, nous allons pouvoir repartir.

Mais quelque chose ne va pas, je vois ma petite fille en pleurs dans la voiture, comment a-t-il pu nous retrouver si vite. La voiture démarre à vive allure, mon ex-mari au volant, mon fils à côté de lui.
« Je suis désolé maman, je ne pouvais pas… » , lis-je sur ses lèvres. La voiture traverse le port et je me retrouve seule sur la jetée avec ma voile. Il m’a pris mes enfants.

Mais la voiture s’arrête au portail. Mon sauveur de tout à l’heure a arrêté la voiture.

Avec mes papiers justifiant la garde des enfants, mon ex-mari repart bredouille, mon nouvel ami est policier, il est intervenu juste à temps. J’ai pu partir grâce à lui, sauver ma famille. Et si je reviens, ce sera pour lui…

Au final avoir le courage de partir était le plus dur.

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